Lab3A – L’importance de l’eau dans le développement de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain

Lab3A – L’importance de l’eau dans le développement de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain

Lab3A : De nouvelles idées pour maîtriser l’eau

Repenser totalement la place de l’eau dans l’agriculture. Vaste travail de réflexion entrepris ce mercredi à Mauguio (Hérault) autour de la table ronde spéciale animée par Midi Libre.

En première ligne face au changement du climat, le secteur commence à ressentir concrètement ses effets: longues sécheresses, stress hydrique, gelées printanières…

«Chez nous, on est en ce moment en situation de pénurie nettetémoigne Céline Michelon, vigneronne à Villeveyrac dans l’Hérault. 300mm de pluie sont tombés, alors qu’il nous faut 800mm d’eau par an pour que le cycle de la vigne s’effectue normalement. Autrefois, irriguer la vigne était minoritaire. Aujourd’hui, dès qu’on peut le faire, on installe du goutte à goutte. On devrait se raccorder à Aqua Domitia dans quatre mois.» Aqua Domitia, c’est le nom du grand projet piloté depuis 2012 par la Région Occitanie et le constructeur BRL.

Son objectif: mailler le littoral languedocien d’un réseau d’eau alimentée par le Rhône, du Gard jusqu’à l’Aude, afin d’apporter une eau potable aussi bien pour les cultures que pour la consommation directe. «Le grand plateau des Costières a pu se développer grâce au travail d’acheminement de Philippe Lamour autrefois» rappelle Jean-François Blanchet, directeur général du groupe BRL.

Aqua Domitia permet, selon lui, d’établir des perspectives et d’anticiper le changement de climat et de démographie de la région : «A l’horizon 2050, on aura sûrement besoin de produire de l’alimentation de proximité. Et sans eau, elle ne pourra pas exister.»

Les nouvelles pratiques se traduisent aussi par une sensibilisation au gaspillage, en relevant régulièrement sa consommation, puis à l’utilisation de techniques moins gourmandes en eau. Miser sur l’innovation Pour la vigne, on commence à étudier de nouvelles variétés élaborées par les recherches agronomiques : «Il y a déjà 400 hectares de vigne qui fonctionnent avec des variétés produites par l’INRAE», cite en exemple Michèle Marin, ancienne présidente de l’INRAE Occitanie-Toulouse. «La Région finance 8 300€ l’hectare de cépage en expérimentation, précise René Moreno, vice-président de la commission agriculture à la Région Occitanie. On recommence aussi à replanter des cépages utilisés par les anciens, plus résistants à la sécheresse.» Des projets sur le long terme qui ne doivent pas oublier de faire passer l’intérêt général en priorité. «Les producteurs, les agriculteurs, ont entre les mains un bien public soutient Jean-François Blanchet. On ne peut pas produire une “eau bien commun” sur une agriculture uniquement marchande. Mais face au changement du climat, nous n’avons pas le choix, nous sommes condamnés à continuer notre travail d’adaptation, et à le faire ensemble.»

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