Lab Santé : « Il y a plusieurs cancers de la prostate »

Lab Santé : « Il y a plusieurs cancers de la prostate »

C’est un débat qui anime le corps médical depuis plusieurs années. Faut-il mesurer systématiquement le taux d’antigène prostatique spécifique, une hormone communément appelée PSA, chez les hommes de plus de 50 ans ? Si certains médecins ont fustigé, ces dernières années, un «surdiagnostic» des cancers de la prostate en cas de taux de PSA élevé, entraînant des traitements inutiles, pour le docteur Bruno Segui, chirurgien urologue à la clinique Beau Soleil (groupe Aésio) à Montpellier, le dépistage est capital. «Il est déraisonnable de penser que, comme certains cancers indolents (non agressifs) ont été traités inutilement, il faudrait arrêter de dépister, martèle-t-il. Le taux de PSA est un indicateur de risques. Il permet d’établir un diagnostic précoce, grâce à des examens complémentaires comme une biopsie et en prenant en compte les antécédents du patient.» Un diagnostic qui a sauvé la vie de Maurice Montredon, 69 ans, opéré d’un cancer en 2018, présent au débat organisé mercredi par Midi Libre. «C’est grâce au contrôle de mon taux de PSA, qui un jour s’est affolé, que le Dr Segui a pu détecter les signes annonciateurs d’un cancer», confie-t-il.

Après discussions avec le spécialiste, ils s’accordent sur un traitement par chirurgie, c’est-à-dire le retrait de la prostate. Un traitement courant mais pas automatique. Avec la radiothérapie, l’hormonothérapie, longue ou courte, il en existe plusieurs, à déterminer selon le profil du patient, comme le précise le professeur David Azria, oncologue à l’Institut du cancer de Montpellier (ICM) et président du réseau Occo-Occitanie. «Il existe plusieurs cancers de la prostate, chaque patient est différent. C’est pourquoi la discussion et la prise en compte des critères de chacun sont primordiales.» Notamment en termes d’effets secondaires, très craints par les malades. Incontinence, problèmes d’érection… Ils sont divers et diffèrent selon les traitements et profils. Mais eux non plus ne sont pas automatiques. «L’incontinence est constatée dans 4% des cas, et est très peu fréquente avec la radiothérapie, précise le Dr Segui. Il est possible d’éviter l’opération pour des malades chez qui l’incontinence est prévisible. Les problèmes d’érection sont, eux, assez imprévisibles, mais il existe des méthodes pour les pallier. Encore une fois, tout dépend des patients, chacun a des attentes différentes qu’il faut prendre en compte.

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