Lab Santé – Apnée du sommeil

Lab Santé – Apnée du sommeil

Un malade sur deux l’ignore

«Mon mari a été appareillé sept ans avant moi, alors j’ai reconnu les symptômes. J’ai eu peur lorsque je me suis endormie au volant sur l’autoroute.» Une batterie de tests plus tard, Françoise Michel, assistante de direction retraitée, découvre, en 2009, qu’elle fait 28 apnées par heure lorsqu’elle dort. On ne l’envoie pas chez un psy, comme son mari, mais chez un ORL et elle dort depuis avec une PCC, la machine reliée à un masque qui délivre un flux continu d’air, le traitement de référence contre l’apnée du sommeil, rappelle le docteur Olivier Gallet de Santerre, chirurgien ORL, longtemps en poste à la clinique Beausoleil de Montpellier (groupe Aesio).

Méconnue il y a quarante ans, l’apnée du sommeil a commencé à être traitée il y a vingt ans, mais reste ignorée chez un patient sur deux, rappelle le médecin. Basé à Nîmes, le groupe Bastide, spécialisé dans la prestation de services santé et l’installation de dispositifs médicaux à domicile, s’est très vite intéressé à la pathologie :«L’apnée du sommeil représente 75% de notre division “Respiratoire” qui accompagne 10000 patients en ex-Languedoc-Roussillon», indique Stella Roux, qui dirige le département. Avec le Dr Gallet de Santerre et Françoise Michel, elle était l’invitée, mercredi 17 novembre, d’un Lab Santé dédié à cette pathologie qui focalisera l’attention des spécialistes réunis au congrès du sommeil de Lille, du 24 au 26 novembre.

Pas de pilule miracle «Souvent, les nouveaux patients ne connaissent pas les prises en charge», constate Stella Roux. «Tous les traitements ciblent une petite zone anatomique de quelques centimètres située au niveau du pharynx, qui se ferme et provoque des blocages respiratoires pendant qu’on dort», explique Gilles Gallet de Santerre. La PCC est la plus connue et la plus efficace. L’orthèse (sorte de gouttière qui modifie la position de la mâchoire) est une autre option pour éviter les conséquences de l’apnée, qui se cache parfois derrière un simple ronflement et occasionne fatigue physique et intellectuelle, maux de tête, troubles de la mémoire, de l’attention…«On n’y pense pas toujours en première intention», souligne le docteur.

La pathologie frappe pourtant à tous les âges, tous les sexes, et «pas uniquement les personnes en surpoids». En matière d’innovation, un implant expérimental avec électrostimulation, proposé dans quelques centres en France, a été posé chez seulement 8 malades à la clinique Beau Soleil de Montpellier, l’essai a été perturbé par la crise du Covid-19. «La pilule anti-apnée, je ne la connais pas et je ne crois pas qu’elle arrivera bientôt, mais il y aura sans doute des médicaments qui permettent d’améliorer le sommeil des patients apnéiques», suppose le Dr Gallet de Santerre.

À suivre, peut-être, au congrès de Lille. 

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