Lab Tourisme – Espoirs et inquiétudes du tourisme d’affaires

Il y a une inquiétude légitime mais aussi de nombreuses raisons d’espérer pour le tourisme d’affaires en Occitanie

Cinq experts l’ont confirmé ce jeudi 2 décembre au cours de notre Lab Tourisme dédié aux enjeux de ce secteur d’activité qui représentait 6,2 millions de nuitées hôtelières en 2019.

Un secteur très impacté mais qui a su s’adapter pour repartir. Et qui a appris du Covid-19 et de ses restrictions: «Nos clients ont besoin de se retrouver après ces longues périodes de confinement», note Thierry Maurer, directeur des opérations du group hôtelier SFH. Une filière qui a su faire preuve «de réactivité et d’adaptation» ,selon Marie-Anne Fouchet, la directrice de l’hôtel Pullman de Montpellier. «On a pu compter sur une mobilisation sans faille des professionnels du tourisme mais aussi du personnel des structures publiques quand on est repartis», a noté Cyril Meunier, président de l’office de tourisme et des congrès de Montpellier Méditerranée Métropole. 

Autre phénomène, le tourisme d’affaires, qui est devenu également plus vert et plus vertueux, plus proche des aspirations des clients, ne s’arrête pas aux congrès ou à un séminaire. C’est aussi l’occasion de poursuivre la période de travail pour découvrir les richesses patrimoniales, souvent en famille: «On parle de “Bleisure”(concentré de Business et Leisure (loisirs), NDLR) et dans la période d’après-Covid, cela marche très fort», explique Thierry Maurer.

Confiants quoique prudents, les intervenants ont loué les atouts de la région pour rester dans la course. Mais ils restent, comme tout le monde, accrochés aux actualités sur la reprise épidémique et les bouleversements imposés par le variant Omicron. 

Lab Santé – A Lunel, du « gagnant-gagnant »

«C’est compliqué»

La situation sanitaire était dans tous les esprits, au Lab Santé de Midi Libre organisé le mercredi 1er décembre à Lunel.

Serge Constantin, président fondateur du groupe Clinipole, qui regroupe 2000 salariés et est présent sur toutes les spécialités via ses établissements en Occitanie, a évidemment lancé le débat en référence à l’actualité. Compliquée, aussi, sur le papier cette fois, et souvent dans les faits, la relation public-privé.

Un partenariat d’école était l’objet du débat: à Lunel, l’hôpital public et le groupe Clinipole sont étroitement associés, depuis près de quinze ans, dans le pôle de santé Pr Louis-Serre où chacun prend sa place dans le parcours de soins. «C’est une histoire de plus de vingt ans, qui a commencé quand les lits d’obstétrique de la clinique ont été transférés à Montpellier. Nous nous sommes tournés vers tous les acteurs possibles pour assurer le développement de la clinique: la clinique du Parc, l’hôpital de Lunel, la mairie, qui ne voulait pas voir un désert médical», se souvient Jean-Paul Rouvière, ancien gérant de la clinique rebaptisée Via Domitia.

 Le pôle Pr Louis-Serre, ouvert en 2007, réunit la clinique Via Domitia et l’hôpital sur un même site. Les urgences, ouvertes en 2012 et relèvent du privé, comme les lits de chirurgie, l’hôpital a élargi son offre de lits de médecine en transférant son activité de soins de suite dans le SMR (Centre de soins médicaux et de rééducation) Ambrussum, fruit d’un montage juridique où public et privé sont à égalité de parts. «Ce partenariat est né de la réflexion commune de tout le monde. Les coulisses de la discussion, l’usager n’y comprend rien. C’est le résultat qui compte», note Bertrand Vanneufville, directeur du centre hospitalier de Lunel.

Et c’est «gagnant-gagnant», «L’activité de l’hôpital a augmenté de +50% après le partenariat, sous l’effet aussi de la tarification à l’activité qui a démarré à ce moment-là.» «Sans ça, l’hôpital aurait été “mauvais” et la clinique aurait disparu», affirme Serge Constantin.

Sur place, il y a aussi une unité de dialyse, un laboratoire de biologie, un pôle de radiologie doté d’un scanner et d’une IRM. Si on élargit le sujet à la problématique du service public, des relations ont aussi été nouées avec le Sdis (pompiers) et la gendarmerie qui se déplace ici, depuis deux ans, pour entendre les victimes de violences.«10% des plaintes sont ainsi recueillies, c’est énorme», indique Jean Casaubieilh, commandant de la compagnie de gendarmerie de Lunel.

De nombreux spécialistes sont enfin réunis dans une unité en devenir, un pôle d’ophtalmologie est en construction. 

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Lab Eco – Des entreprises s’engagent pour l’égalité entre hommes et femmes

De nombreuses lois imposent aux entreprises la mise en place d’actions afin de parvenir à une égalité réelle entre les hommes et les femmes.

Toutefois, un certain nombre de difficultés demeurent sur le terrain. Les invités du dernier Lab Eco, Alyne Bouix, présidente de Femme 3000 LR et gérante de la société ALTI, Caroline Cazi, directrice Face Hérault, Marion Polge, enseignante chercheuse Moma, Université de Montpellier et Cécile Jouaire, DRH Véolia eau région sud pointent entre autres, le peu d’attrait des femmes pour les métiers techniques et donc la difficulté pour les entreprises de certains secteurs à trouver des candidates.

Toutes s’accordent sur la nécessité de travailler dès l’école sur les stéréotypes, mais aussi sur l’autocensure des filles à se lancer dans secteurs techniques. À ce titre, l’association Face Hérault développe des actions de sensibilisation au sein des classes. Véolia participe a du marrainage avec “Capital Fille” et à des actions avec des écoles d’ingénieurs telles que Poytech ou les mines d’Alès. «En interne, explique Cécile Jouaire ,nous avons multiplié les démarches de sensibilisation à la mixité auprès de nos managers, afin que la prise en compte des différences ne soit pas discriminante. Nous avons aussi développé des formations spécifiques pour aider les femmes à construire leur carrière.» «Faire sauter les verrous» Pour Marion Polge, nous avons aujourd’hui tous les moyens de faire avancer les choses: «Les zones de blocages inhérentes à la société existent, mais grâce aux textes de loi, aux personnes sur le terrain, on a le moyen de progresser hommes et femmes ensemble ».

À l’autre bout de la chaîne, Alyne Bouix, nommée ambassadrice de la parité et de l’égalité salariale en Occitanie, par la ministre du Travail Muriel Pénicaud rappelle l’intérêt de se rapprocher des chefs d’entreprise: «Nous avons fait venir à plusieurs reprises le directeur général du Travail pour des échanges avec les chefs d’entreprise afin de faire sauter les verrous.»

Prise en compte des conditions de travail, droit à la déconnexion, conciliation vie perso/pro, les évolutions sont là, et même si beaucoup reste à faire, ces cinq dernières années, les entreprises sont nombreuses à percevoir l’intérêt de promouvoir la mixité, et ce dans tous les secteurs.

Lab Santé – Apnée du sommeil

Un malade sur deux l’ignore

«Mon mari a été appareillé sept ans avant moi, alors j’ai reconnu les symptômes. J’ai eu peur lorsque je me suis endormie au volant sur l’autoroute.» Une batterie de tests plus tard, Françoise Michel, assistante de direction retraitée, découvre, en 2009, qu’elle fait 28 apnées par heure lorsqu’elle dort. On ne l’envoie pas chez un psy, comme son mari, mais chez un ORL et elle dort depuis avec une PCC, la machine reliée à un masque qui délivre un flux continu d’air, le traitement de référence contre l’apnée du sommeil, rappelle le docteur Olivier Gallet de Santerre, chirurgien ORL, longtemps en poste à la clinique Beausoleil de Montpellier (groupe Aesio).

Méconnue il y a quarante ans, l’apnée du sommeil a commencé à être traitée il y a vingt ans, mais reste ignorée chez un patient sur deux, rappelle le médecin. Basé à Nîmes, le groupe Bastide, spécialisé dans la prestation de services santé et l’installation de dispositifs médicaux à domicile, s’est très vite intéressé à la pathologie :«L’apnée du sommeil représente 75% de notre division “Respiratoire” qui accompagne 10000 patients en ex-Languedoc-Roussillon», indique Stella Roux, qui dirige le département. Avec le Dr Gallet de Santerre et Françoise Michel, elle était l’invitée, mercredi 17 novembre, d’un Lab Santé dédié à cette pathologie qui focalisera l’attention des spécialistes réunis au congrès du sommeil de Lille, du 24 au 26 novembre.

Pas de pilule miracle «Souvent, les nouveaux patients ne connaissent pas les prises en charge», constate Stella Roux. «Tous les traitements ciblent une petite zone anatomique de quelques centimètres située au niveau du pharynx, qui se ferme et provoque des blocages respiratoires pendant qu’on dort», explique Gilles Gallet de Santerre. La PCC est la plus connue et la plus efficace. L’orthèse (sorte de gouttière qui modifie la position de la mâchoire) est une autre option pour éviter les conséquences de l’apnée, qui se cache parfois derrière un simple ronflement et occasionne fatigue physique et intellectuelle, maux de tête, troubles de la mémoire, de l’attention…«On n’y pense pas toujours en première intention», souligne le docteur.

La pathologie frappe pourtant à tous les âges, tous les sexes, et «pas uniquement les personnes en surpoids». En matière d’innovation, un implant expérimental avec électrostimulation, proposé dans quelques centres en France, a été posé chez seulement 8 malades à la clinique Beau Soleil de Montpellier, l’essai a été perturbé par la crise du Covid-19. «La pilule anti-apnée, je ne la connais pas et je ne crois pas qu’elle arrivera bientôt, mais il y aura sans doute des médicaments qui permettent d’améliorer le sommeil des patients apnéiques», suppose le Dr Gallet de Santerre.

À suivre, peut-être, au congrès de Lille. 

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Lab3A – L’importance de l’eau dans le développement de l’agriculture d’aujourd’hui et de demain

Lab3A : De nouvelles idées pour maîtriser l’eau

Repenser totalement la place de l’eau dans l’agriculture. Vaste travail de réflexion entrepris ce mercredi à Mauguio (Hérault) autour de la table ronde spéciale animée par Midi Libre.

En première ligne face au changement du climat, le secteur commence à ressentir concrètement ses effets: longues sécheresses, stress hydrique, gelées printanières…

«Chez nous, on est en ce moment en situation de pénurie nettetémoigne Céline Michelon, vigneronne à Villeveyrac dans l’Hérault. 300mm de pluie sont tombés, alors qu’il nous faut 800mm d’eau par an pour que le cycle de la vigne s’effectue normalement. Autrefois, irriguer la vigne était minoritaire. Aujourd’hui, dès qu’on peut le faire, on installe du goutte à goutte. On devrait se raccorder à Aqua Domitia dans quatre mois.» Aqua Domitia, c’est le nom du grand projet piloté depuis 2012 par la Région Occitanie et le constructeur BRL.

Son objectif: mailler le littoral languedocien d’un réseau d’eau alimentée par le Rhône, du Gard jusqu’à l’Aude, afin d’apporter une eau potable aussi bien pour les cultures que pour la consommation directe. «Le grand plateau des Costières a pu se développer grâce au travail d’acheminement de Philippe Lamour autrefois» rappelle Jean-François Blanchet, directeur général du groupe BRL.

Aqua Domitia permet, selon lui, d’établir des perspectives et d’anticiper le changement de climat et de démographie de la région : «A l’horizon 2050, on aura sûrement besoin de produire de l’alimentation de proximité. Et sans eau, elle ne pourra pas exister.»

Les nouvelles pratiques se traduisent aussi par une sensibilisation au gaspillage, en relevant régulièrement sa consommation, puis à l’utilisation de techniques moins gourmandes en eau. Miser sur l’innovation Pour la vigne, on commence à étudier de nouvelles variétés élaborées par les recherches agronomiques : «Il y a déjà 400 hectares de vigne qui fonctionnent avec des variétés produites par l’INRAE», cite en exemple Michèle Marin, ancienne présidente de l’INRAE Occitanie-Toulouse. «La Région finance 8 300€ l’hectare de cépage en expérimentation, précise René Moreno, vice-président de la commission agriculture à la Région Occitanie. On recommence aussi à replanter des cépages utilisés par les anciens, plus résistants à la sécheresse.» Des projets sur le long terme qui ne doivent pas oublier de faire passer l’intérêt général en priorité. «Les producteurs, les agriculteurs, ont entre les mains un bien public soutient Jean-François Blanchet. On ne peut pas produire une “eau bien commun” sur une agriculture uniquement marchande. Mais face au changement du climat, nous n’avons pas le choix, nous sommes condamnés à continuer notre travail d’adaptation, et à le faire ensemble.»

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Lab Eco – Recruter aujourd’hui : quels enjeux, quels challenges ?

Lab Eco : Recruter aujourd’hui : quels enjeux, quels challenges ?

#LabEco by MidiLibre
Rendez-vous le mardi 25 Octobre 2021 à 11h pour cet échange 100% digital, en direct et sur midilibre.fr
Autour de la table pour en parler :
Cédric d’HAUSSY, COO Exaprint Factory & Grafi ca Minerva
Stéphanie GALINAT, Directrice des ressources humaines Exaprint
Aurélie PAQUE, Responsable du GE Progress
Joseph SANFILIPPO, Directeur Pôle Emploi Hérault
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Lab Santé – Les innovations qui retardent la dépendance

Lab santé : l’innovation relève le défi de la dépendance

«On a beaucoup progressé sur l’espérance de vie, on n’est pas bon sur l’espérance de vie en bonne santé»: le constat, dressé par Francis Rey, médecin coordonnateur du groupe Orpéa en région, a donné le ton du LabSanté de Midi Libre, diffusé jeudi soir sur midilibre.fr depuis un Ehpad de Montpellier, les Monts d’Aurelle, un des établissements de ce groupe qui en compte 572 en France, dédiés à l’accompagnement des personnes fragiles. Des experts ont donné des pistes pour relever ce défi majeur: 800000 personnes sont aujourd’hui dépendantes, elles seront 1,2million en 2040 en France selon l’Insee.

L’Occitanie est en première ligne: 11% des habitants ont plus de 75ans. «La dépendance, il faut savoir la prévenir et améliorer sa prise en charge», insiste le Dr Rey, qui alerte :«On est dans l’humain. Tout ce qu’on nous présente, c’est un plus!» Faire un point sur sa situation de fragilité. Le plus, c’est, par exemple, la housse de matelas connectée Oscare, développée par la société gardoise Winncare, pour veiller sur les nuits des personnes âgées, prévenir les chutes, et permettre «à l’équipe soignante de recueillir les informations», indique Philippe Espinasse, directeur des affaires réglementaires et des dispositifs médicaux.

Ou, chez Bastide, également installé à Nîmes, un fauteuil roulant qui a retrouvé les grandes roues d’antan, plus maniable, explique David Arrial. Sébastien Le Flem a présenté un outil de télé expertise de pneumologie, accessible aux personnels soignants d’un Ehpad, qui évite de déplacer inutilement les personnes fragiles chez un spécialiste, et prévenir chutes et troubles cognitifs.

Pas moins de 400 dispositifs sont présentés et accessibles au Pôle autonomie santé de Lattes, un espace voulu par la ville en 2009, désormais soutenu par l’ensemble des collectivités, qui suscite l’intérêt de l’État. Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie a visité la structure en février dernier. «Tous les particuliers et les professionnels de l’Hérault peuvent y trouver une information neutre et gratuite», indique Florence Gressard, chargée de développement du pôle, qui se projette déjà dans un nouvel espace de 2500m2, avec toujours un show-room mais aussi une plateforme pour les entreprises, un espace de coworking, un “Fab Lab”… Encore plus simple, et accessible à tous: Francis Rey rappelle que l’application numérique Icope, conçue par le Gérontopôle de Toulouse avec le soutien de l’OMS (organisation mondiale de la santé), permet à chacun de connaître son état de fragilité, avant de consulter un professionnel dédié. 

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Lab Immo : Immobilier Neuf

Nîmes tire son épingle du jeu

L’immobilier neuf est en plein renouveau à Nîmes. C’est l’enseignement principal du Lab Immo Midi Libre, organisé le 8 octobre en ouverture du Salon de l’Immobilier de Nîmes.

Le bureau d’études Adéquation recense ainsi « 47 programmes immobiliers neufs en cours de commercialisation cette année, contre 40 en 2018 et 31 en 2016», indique Clémence Peyrot, consultante senior.

Autre indicateur : les équipes du Crédit Agricole du Languedoc (CAL), banque leader sur les prêts aux particuliers (35% de parts de marché), ont délivré 106M€ de financements sur les 8 premiers mois de l’année à NîmesUn rythme de commercialisation record.

Un chiffre qui vient talonner Montpellier, où 130M€ de financements ont été accordés, sur la même période, par la banque régionale. «Les taux d’intérêt restent à un niveau historiquement bas et nous ne voyons pas de risque de hausse rapide des taux, malgré l’inflation », constatée Christophe Pouzol, directeur de l’immobilier au CAL.

Parmi les points de vigilance : des prix de foncier qui explosent, «jusqu’à un doublement, voire davantage, en un an. Nous sommes concurrencés par des promoteurs extérieurs, qui s’intéressent au territoire nîmois», explique Karen Winkler. Aussi, les prix des logements neufs risquent continuer à augmenter, sous l’effet notamment de la nouvelle réglementation environnementale RE 2020. Ils s’élèvent actuellement à 3615€/m2 hors stationnement, au lieu de 4496€/m2 dans la métropole de Montpellier ou 4628€/m2 dans la métropole d’AixMarseille.

Le Lab Immo Midi Libre s’est tenu en ouverture du Salon de l’immobilier de Nîmes.

Lab Eco : Innovation et recherche, alliés incontournables des entreprises

Enjeu crucial, l’innovation n’est pas une option pour les entreprises.

L’Occitanie est d’ailleurs la première région française pour la recherche et le développement. Christian Curel, président de Leader-Montpellier, auparavant créateur de i2a, et aujourd’hui de Prism, a déposé dans sa carrière une dizaine de brevets :«Innover, c’est avoir des choses que les autres entreprises n’ont pas. C’est le faire plus vite, en étant plus agile. Avoir une stratégie d’innovation pour accroître sa part de marché.»

Une stratégie qui nécessite d’analyser le marché en détectant les limites des produits existants, de rechercher des solutions et si l’on en trouve, d’analyser la valeur ajoutée du nouveau produit ainsi que de s’assurer de sa faisabilité technique et commerciale.

Les échanges entre les intervenants ont mis en avant la forme prise par la recherche. Si elle peut être intégrée, elle est le plus souvent collaborative : «Aujourd’hui, en raison du coût, du risque, de l’expertise nécessaire, l’innovation est forcément collaborative, explique Frédéric Le Roy, professeur à l’Université de Montpellier (MOMA), à Montpellier Business School (MBS) et fondateur de la chaire Coo-Innov. C’est l’exemple de Pfizer et du laboratoire Bio and Tech pour le vaccin du Covid.»

Pourtant, le lien entre l’entreprise et la recherche fondamentale n’a pas toujours été évident tant les deux univers sont éloignés. Pour Guillaume Boguszewski, président fondateur de Cyleone, les choses évoluent dans le bon sens :«Aujourd’hui, les labos de recherche sont de plus en plus ouverts aux besoins de l’industrie. Les universitaires ont intégré l’efficacité opérationnelle. Le tout est d’identifier le bon laboratoire, et pour cela, il y a des outils.»

L’Agence AD’OCC, l’agence de développement économique de la Région Occitanie, accompagne chaque année près de 800 entreprises. Structuration de projet dans le temps, recherche de financement, dépôt de dossier, Catherine Pommier est la directrice opérationnelle Innovation de l’agence :«Notre métier, c’est d’accompagner les entreprises dans l’innovation, mais aussi de les sensibiliser à ce qu’il va se passer à travers des journées technologiques et des rencontres d’affaires.»

Lab Santé : « L’homme garde la main » en chirurgie

Moins invasives, plus sûres, plus précises, les interventions chirurgicales assistées par un robot se comptent désormais par dizaines de milliers en France, 25000 à 30000.

Et deux de plus ce mercredi matin à la clinique Saint-Jean du groupe Cap Santé, à Saint-Jean-de-Védas (Hérault), où le docteur Nicolas Korahanis a opéré une tumeur du rein à un patient de 43ans, et son confrère Franck Lacaze posé une prothèse de genou. Les interventions étaient proposées en direct (*) dans le cadre d’un LabSanté consacré à la robotique en chirurgie. Commentées par les binômes des chirurgiens, Samer Abdelhamid, chirurgien urologue, et Florent Buscayret, chirurgien du genou, tous deux chez Cap Santé, ces interventions assistées par robot sont aussi le quotidien du professeur Pascal Kouyoumdjian, chirurgien orthopédiste au CHU de Nîmes et de Bruno Segui, chirurgien urologue à la clinique Beausoleil (groupe Aésio) de Montpellier. «Le robot peut avoir exactement les gestes que l’on a sur le poignet, avec une précision beaucoup plus importante», précise Samer Abdelhamid. 

Problèmes de tarification «À l’heure où on a des smartphones, de l’intelligence artificielle, pourquoi innove-t-on en chirurgie? Pour planifier l’intervention, car on n’a plus besoin de faire de projection de la réalité à partir d’une radio, on a la possibilité d’avoir une réalité en trois dimensions. Et à partir de là, on a une assistance robotisée. Ce n’est pas le robot qui opère, c’est le chirurgien qui peut s’adapter sur mesure, il lui appartient de faire les bons choix ! »,explique le Pr Pascal Kouyoumdjian, le premier à disposer du robot Mako en Occitanie, avec lequel un millier d’interventions ont été réalisées au CHU de Nîmes depuis deux ans. «Il faut toujours mettre du cœur pour faire de la belle ouvrage… C’est le cerveau du chirurgien qui pense le geste, le robot est un télémanipulateur, c’est aussi une aide à la fatigue», ajoute le Dr Segui, qui rappelle que«60% des ablations de prostates sont aujourd’hui assistées par un robot en France, 90% aux États-Unis».

Dans les blocs opératoires, le chirurgien restera le pilote. 

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